MELUDIA AUDITION · Le magazine de l’après-appareillage

Le suivi qui manque à l’appareillage

Deux suivis existent déjà pour l’audition et pour les appareils. Mais une troisième question reste largement sans réponse : comment vit-on réellement avec son audition au quotidien ?

Lorsque l’on porte des aides auditives, deux suivis sont aujourd’hui bien établis.
Le premier est le suivi médical. Lorsqu’il est consulté, l’ORL veille à la santé de l’oreille, recherche une éventuelle cause médicale à une évolution de l’audition et oriente la prise en charge lorsque cela est nécessaire.
Le deuxième est le suivi technique, assuré par l’audioprothésiste. Il vérifie le bon fonctionnement des appareils, contrôle leur adaptation, ajuste les réglages et accompagne leur entretien.


Ces deux suivis répondent à deux questions essentielles : Mon audition évolue-t-elle sur le plan médical ? Mes appareils sont-ils correctement adaptés à mon audition ?

Mais une troisième question reste largement sans réponse. Comment est-ce que je vis réellement avec mon audition au quotidien ? Jusqu’où mon cerveau a-t-il appris à tirer parti des sons que mes aides auditives lui apportent — et dans quelles situations a-t-il encore besoin d’aide ?

Quand la vie change, l’écoute change aussi

Entre deux rendez-vous de suivi, plusieurs mois peuvent s’écouler — et ce temps-là n’est pas suspendu pour autant. On change de travail. On déménage. Les repas de famille deviennent plus nombreux. Les réunions se déroulent dans des environnements plus bruyants. Une fatigue apparaît. L’audition évolue lentement.


Chacun de ces changements peut modifier la manière dont une personne appareillée entend, comprend et vit son quotidien. Or cette expérience est aujourd’hui très peu suivie entre deux rendez-vous.

On suit l’audition. On suit les appareils.

Mais qui suit l’expérience d’écoute ?

Une expérience qui évolue dans le temps

L’appareillage n’est pas un état stable. Il ressemble davantage à un parcours fait de périodes d’équilibre et de périodes de transition.
Au début, il faut apprendre à utiliser un signal sonore nouveau, que le cerveau n’a pas encore appris à interpréter. Puis vient souvent une longue phase de stabilité. Et un jour, parfois sans prévenir, quelque chose change : une nouvelle activité, un problème de santé, un environnement sonore différent, le vieillissement naturel.


Ces changements ne nécessitent pas toujours un nouvel appareil, ni ne relèvent toujours d’un problème médical. Mais ils mériteraient d’être repérés suffisamment tôt pour comprendre ce qui évolue et décider, si nécessaire, de la meilleure réponse.

« Pendant des années tout allait bien. Puis j’ai changé de travail. Les réunions sont devenues beaucoup plus difficiles alors que mes appareils fonctionnaient parfaitement. Je ne comprenais pas ce qui avait changé. »

M. André H., patient

REGARD D’ÉLODIE, ORTHOPHONISTE

« L’évolution de la perte auditive, même corrigée avec des appareils, passe souvent inaperçue parce que le cerveau compense longtemps. Cette compensation demande cependant un effort de plus en plus important. Plus on attend, plus cet effort augmente, et plus l’adaptation à l’appareillage peut demander du temps. »

Le suivi de l’expérience

Le suivi de l’expérience ne remplace ni le suivi médical ni le suivi technique. Il les complète.


Là où les deux premiers suivent l’oreille et les appareils, le suivi de l’expérience suit la personne. Il s’intéresse à ce qu’elle vit réellement : à l’effort qu’elle fournit pour comprendre, à son confort, à sa confiance, aux situations où elle retrouve du plaisir, à celles où les difficultés réapparaissent.


Le réglage ne dépend d’ailleurs pas que de notions acoustiques : c’est aussi une question de psychoacoustique, où la sensation de la personne est au centre. Et cette sensation, comme toutes celles qui nous constituent, évolue.
Parce qu’il est répété dans le temps, ce suivi permet d’observer une évolution plutôt qu’un instant isolé.

Trois suivis complémentaires :

  • LE SUIVI MÉDICAL
    Il répond à la question principale :
    Mon audition évolue-t-elle sur le plan médical ?
    Il se fait avec un ORL.
  • LE SUIVI TECHNIQUE
    Il répond à la question principale :
    Mes appareils fournissent-ils un signal adapté à mon audition ?
    Il se fait avec un audioprothésiste.
  • LE SUIVI DE L’EXPÉRIENCE D’ÉCOUTE
    Il répond aux questions principales :
    Comment est-ce que je vis réellement
    avec mon audition ?
    Et sur quoi j’ai encore de la marge ?

    Il se construit avec vous, au moyen d’une application de santé dédiée, avec l’accompagnement des professionnels concernés ou de Meludia selon le parcours.

Les trois suivis ne s’opposent pas. Ils répondent simplement à trois questions différentes. Et chacun apporte une information que les deux autres ne peuvent pas fournir.

Un suivi qui peut mieux orienter

Parce qu’il est continu, centré sur la vie quotidienne et fondé sur ce que la personne ressent, ce suivi peut également révéler qu’une difficulté dépasse le seul réglage des appareils.


Une compréhension de la parole qui reste difficile malgré un appareillage correctement ajusté. Une fatigue importante. Une perte de confiance dans certaines situations. Autant de signaux qui peuvent conduire à consulter un autre professionnel, par exemple un orthophoniste, lorsque cela est pertinent.


Le rôle du suivi de l’expérience n’est pas de poser un diagnostic. Il est de faire émerger les bonnes questions suffisamment tôt.

LE POINT DE VUE DE L’ORTHOPHONISTE

« Régulièrement, des patients appareillés depuis plusieurs années me sont adressés par leur audioprothésiste.

Au début, tout allait bien. Puis leur perte auditive s’est aggravée, ou leurs conditions de vie ont changé — un open space, des petits-enfants difficiles à comprendre, un conjoint disparu et de nouvelles situations de communication à gérer. Ils ont alors l’impression que l’appareillage ne suffit plus.

Ils ont besoin de mieux comprendre les impacts de leur surdité, de découvrir des stratégies de communication adaptées, de s’entraîner pour reprendre confiance dans leurs capacités d’écoute. »

Vers un véritable carnet de santé de l’expérience auditive

Nous disposons déjà d’un carnet de santé pour suivre de nombreux aspects de notre santé. Pourquoi n’aurions-nous pas aussi un carnet qui retrace, dans le temps, notre expérience d’écoute ?
Non pas une photographie prise tous les six mois. Mais une mémoire de ce que nous vivons réellement, une trajectoire, un historique, une évolution.

 

Dans Meludia Audition, cette idée prend la forme du Profil Auditif Dynamique (PAD). Le PAD n’est pas un test : il constitue la mémoire évolutive de l’expérience d’écoute. Il rassemble, au fil du temps, les repères, les résultats des tests, les bilans et les différentes étapes d’accompagnement. Son ambition n’est pas de remplacer les suivis existants, mais de conserver une vision continue de ce que la personne vit entre deux rendez-vous.
Le PAD s’enrichit d’évaluations régulières réalisées via l’application afin de suivre l’évolution de la perception auditive dans le temps.

 

Cette approche est encore en développement et continue de s’enrichir. Mais son objectif est clair : aider d’abord la personne appareillée à disposer d’une vision plus complète de son parcours, qu’elle peut ensuite partager avec son audioprothésiste ou avec d’autres professionnels si elle le souhaite.

« Je sens bien que mon audition bouge et j’aimerais savoir où j’en suis dans mon appareillage. On me demande souvent si mes appareils fonctionnent bien. Mais pour moi, ce n’est pas la même question et je ne sais pas comment l’exprimer. »

Mme Annie R., patiente

Un appareil bien réglé reste indispensable. Mais pour bien vivre avec son audition, il est important d’être accompagné dans la durée.

Vous voulez en savoir plus sur votre perception auditive avec vos appareils ?

Obtenez un premier aperçu objectif de votre perception des sons, avec vos aides auditives.

CARTE REPÈRE

 

 

Le suivi qui manque à l’appareillage

 

Pourquoi les progrès semblent-ils parfois s’arrêter entre deux rendez-vous ?

Le suivi professionnel est indispensable, mais la vie continue entre les consultations. C’est dans cet intervalle que naissent les progrès, les difficultés… et les renoncements.

 

À RETENIR : L’après-appareillage est un espace qui mérite d’être observé, compris et accompagné.

 

POUR AGIR : Notez vos expériences du quotidien afin qu’elles deviennent une matière utile lors de votre prochain rendez-vous.