MELUDIA AUDITION · Le magazine de l’après-appareillage

La perception au coeur de l’écoute

« Comment entendez-vous avec les appareils ? »

La question à laquelle personne ne peut répondre en quelques mots. Parce que ce n’est ni l’oreille, ni l’appareil qui détermine votre confort au quotidien. C’est votre perception. Et cette perception, elle est difficile à partager. Parce que deux personnes ayant un audiogramme proche peuvent vivre des expériences d’écoute très différentes.

Entendre un son ne suffit pas

Un son arrive à votre oreille. Mais entre ce son et ce que vous vivez réellement, beaucoup de choses se passent : votre système auditif capte des informations, votre cerveau les trie, les compare à ce qu’il connaît déjà, reconnaît une voix, distingue une parole d’un bruit de fond et donne du sens à ce qu’il reçoit. C’est ainsi que se construit votre perception — et cela explique pourquoi deux personnes ayant des audiogrammes proches peuvent vivre des situations d’écoute très différentes. Le son reçu n’est donc pas encore le son vécu.

Votre perception vous appartient

Nous ne vivons pas tous le monde sonore de la même manière. La perception dépend de nombreux facteurs : notre mémoire, notre fatigue, notre environnement, nos habitudes d’écoute, notre histoire
personnelle avec le son ou encore l’attention que nous lui portons. C’est pourquoi l’audiogramme, aussi indispensable soit-il, ne peut pas raconter à lui seul toute votre expérience d’écoute : il mesure les seuils à partir desquels vous percevez différentes fréquences, mais ne peut répondre entièrement à une autre question — comment vivez-vous réellement ce que vous entendez ?

LE REGARD DE VINCENT CHAINTRIER, PATIENT EXPERT

« Nous n’habitons pas tous le monde par nos sens de la même manière. Certaines personnes sont particulièrement attentives aux images, aux formes ou aux visages ; d’autres aux voix, aux ambiances ou aux rythmes. Cette place que nous accordons au sonore participe aussi à notre manière d’écouter — et cette attention n’est pas figée : elle peut évoluer et se développer. »

Ce qui va suivre

On peut dire qu’un son est trop fort, ou trop faible. Mais comment décrire une voix qui semble présente sans être vraiment claire, ou une conversation où toutes les paroles semblent se mélanger ? On sait souvent que quelque chose ne va pas avant de savoir expliquer exactement quoi — ni manque d’attention de votre part, ni manque d’écoute de vos professionnels : l’expérience sonore se vit souvent avant de pouvoir se formuler.

« Les voix sont là, les bruits aussi… mais j’ai du mal à faire le tri. »

MME COLINE S., PRESBYACOUSIQUE

Ce qui se vit peut aussi se suivre

Ne pas parvenir à décrire précisément sa perception ne signifie pourtant pas qu’elle soit inaccessible : on peut l’explorer. En confrontant une personne à différentes situations sonores, il devient possible d’observer ce qui lui paraît confortable, gênant ou difficile à distinguer — une perception peut se cartographier. Cette cartographie ne remplace pas les mesures audiologiques ; elle apporte une information complémentaire, celle de l’expérience perceptive de la personne.

Cette information est particulièrement utile après l’appareillage, car votre perception n’est pas figée : votre audition, vos réglages et vos environnements sonores évoluent. Faire régulièrement le point permet de ne plus dépendre uniquement d’un souvenir approximatif, mais de comparer des expériences et d’observer leur évolution. Le cerveau conserve aussi des capacités d’adaptation — c’est précisément la question que nous abordons dans la partie suivante : peut-on encore progresser après l’appareillage ?

AVIS D’EXPERT — THIBAULT, AUDIOPROTHÉSISTE

« Le suivi de la perception doit compléter la mesure de l’audition. Tout comme on s’attache à mesurer le son qui arrive à l’oreille, à mesurer le gain prothétique, il est aussi essentiel de comprendre non seulement ce que le patient entend, mais comment il vit ce qu’il entend. »

Questions fréquentes

Pourquoi deux personnes ayant le même audiogramme n'entendent-elles pas de la même manière ?

Parce que l’audiogramme mesure les seuils auditifs, mais pas toute l’expérience d’écoute : le cerveau doit encore organiser et interpréter les informations reçues, et la mémoire, la fatigue, l’environnement ou l’attention influencent cette perception.

Ma perception peut-elle évoluer après l'appareillage ?

Oui. Votre audition, votre cerveau, vos réglages et vos habitudes d’écoute évoluent. Certaines capacités perceptives peuvent aussi être travaillées — c’est pourquoi la perception mérite d’être suivie dans le temps.

Vous portez des aides auditives (ou vous êtes en cours d’équipement) et vous rencontrez des difficultés ?

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CARTE REPÈRE

 

Le son reçu n’est pas encore le son vécu.

 

Pourquoi deux personnes ayant un audiogramme proche peuvent-elles vivre des expériences d’écoute différentes ?

Entre le son reçu et l’expérience vécue, il y a votre perception. Votre cerveau organise, interprète et donne du sens aux informations sonores.

 

À RETENIR : L’audiogramme mesure une dimension essentielle de l’audition. Il ne raconte pas à lui seul votre expérience d’écoute.

 

POUR AGIR : Observez votre perception. Même difficile à mettre en mots, elle peut être explorée, cartographiée et suivie
dans le temps.